Du 22 janvier au 28 novembre 2024, Pro Familia Svizzera italiana présente une exposition de photos intitulée «Familles – explorer le passé, inventer l’avenir». L’exposition s’arrête dans les grandes localités du Tessin et raconte l’histoire et l’évolution de la famille au fil des ans. Les acquis de la politique familiale suisse et tessinoise sont ainsi mis à l’honneur.

Texte: Valentina Pallucca Forte
Photos: privées

Lorsque j’ai entendu parler de l’exposition de photos, j’ai saisi l’occasion de proposer un café-récits comme évènement-cadre. Nous avons choisi le thème de «la répartition des rôles au sein de la famille», que je trouvais intéressant et suffisamment large pour nous permettre de nous raconter mutuellement des histoires de vie. Le 16 avril 2024, nous nous sommes retrouvées en un petit groupe de sept femmes au Filanda à Mendrisio pour un café-récits.

Le thème s’est révélé être un défi, mais aussi une source d’inspiration: de nombreuses choses ont changé au fil du temps – et tant d’autres doivent encore changer. Les anecdotes et les histoires de vie étaient variées: les participantes ont raconté des parcours de vie très différents, qui étaient tous surprenants à leur manière.

Les photos sont une source d’inspiration pour la discussion

Pour nous inspirer, nous nous sommes promenées dans l’exposition en nous attardant devant les photos. Nous avons ainsi pu retracer des moments importants de l’histoire de la famille: la création des premières assurances sociales vers 1900, l’entrée des femmes dans le monde du travail dans les années 1920, l’introduction de la machine à laver dans chaque foyer… Autant de révolutions, plus ou moins importantes, qui ont simplifié la vie quotidienne des familles. Chaque photo incitait à la narration et rappelait des épisodes de la vie familiale d’une époque qui n’existe plus aujourd’hui (note de l’auteure: cela a même provoqué plusieurs fois un soupir de soulagement!)

Sandra Killer, coordinatrice de projet de Pro Familia Svizzera italiana, nous a accompagnées avec beaucoup d’enthousiasme et de compétence à travers l’exposition de photos. Les questions semblaient sans fin, tant notre curiosité était grande pour certains des thèmes liés à l’évolution des familles et notamment au rôle des femmes.

À quoi ressemblera la famille du futur?

À la fin du café-récits, nous avons abordé la question «Quel avenir voyons-nous ou souhaitons-nous pour les familles?». Chaque participante a pu s’exprimer. Bien que la situation se soit nettement améliorée par rapport à il y a quelques décennies, le thème de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale émerge aujourd’hui de manière importante et touche encore plus souvent les femmes. Nous étions toutes d’accord: pour l’avenir, nous espérons davantage de soutien pour cette conciliation et une répartition encore plus équitable des tâches. Nous sommes confiantes, car beaucoup de choses ont été réalisées et nous avons une grande confiance en nos filles et nos fils.

C’était agréable de passer quelques heures avec des personnes que nous ne connaissions pas, avec lesquelles nous avons partagé un petit bout de notre histoire, nous sommes découvert des points communs ou des histoires de vie très différentes et avons échangé dans un environnement stimulant et décontracté. Comme toujours, le café-récits a été une expérience enrichissante et même, dans ce cas, marquante, car nous avons pu découvrir de nombreux aspects de la vie sociale de notre pays qui nous étaient jusqu’alors inconnus.

Photos et vidéos d’archives

  • L’exposition de photos est visible du 22 janvier au 28 novembre 2024. Plus d’informations
  • Le site historiahelvetica.ch offre une formidable opportunité de se replonger dans le passé. La plateforme présente un siècle d’histoire suisse en images et en vidéos.

Le récit biographique favorise le maintien de l’identité individuelle et la participation sociale, notamment chez les personnes âgées. Anne-Marie Nicole, coordinatrice du Réseau Cafés-récits en Suisse romande (en photo), raconte dans le magazine Artiset ses expériences avec les cafés-récits dans différents contextes.

Vers l’article

L’initiative #Amitié de Migros-Engagement a été couronnée de succès: le Réseau Café-récits a notamment organisé plusieurs cafés-récits sur le thème de l’amitié. Les animatrices et animateurs partagent leurs réactions ici, sur le tableau d’affichage.

Sylvia Hablützel donne également de plus amples informations sur le sujet dans son interview.

Dans le cadre de l’#initiativeamitié, le réseau Cafés-récits et l’Engagement Migros proposent une série de cafés-récits sur le thème de l’amitié. Natalie Freitag, qui coordonne le réseau Cafés-récits en Suisse alémanique, s’est entretenue avec Silvia Hablützel. L’animatrice expérimentée d’Appenzell Rhodes-Extérieures raconte ce que l’amitié signifie pour elle personnellement.

Interview: Natalie Freitag
Photo: zVg

Natalie Freitag: Silvia, que signifie pour toi l’amitié? Quelle importance lui accordes-tu?

Silvia Hablützel, infirmière et animatrice de Herisau: l’amitié est très importante pour moi. Les gens sont très importants pour moi. Faire des rencontres, avoir des échanges, traverser ensemble les hauts et les bas de la vie. «Ce sont les rencontres avec les gens qui font que la vie vaut la peine d’être vécue»: cette citation de Guy de Maupassant est très parlante pour moi.

As-tu une amitié de longue date? Ou une toute nouvelle? Comment et où ces amitiés ont-elles vu le jour?

Il y a des amitiés anciennes qui ont été très importantes et intenses pour moi à un moment donné de ma vie, par exemple du temps de ma formation, lorsque nous partagions ensemble des visions et des rêves. De cette époque, j’ai trois ami-es qui m’ont accompagnée tout au long de ma vie. C’est aussi par leur intermédiaire que j’ai rencontré mon mari, lorsque nous étions tous les deux témoins de mariage de l’une de ces amies. Des histoires, des expériences me lient aux vieilles amitiés. C’est ce qui crée les liens. Mais il y a aussi de nouvelles amitiés dans ma vie – la nouveauté, pouvoir faire connaissance et se découvrir, c’est passionnant. J’ai aussi des amies que je ne vois pas pendant longtemps et avec lesquelles je ne suis pas en contact, mais malgré cela, le lien émotionnel reste mutuel et nous savons que nous sommes toujours là l’une pour l’autre.

Y a-t-il aussi eu des amitiés qui se sont distendues avec le temps?

Oui, il y en a aussi eu. Une amitié s’est terminée brutalement, passant de contacts fréquents à une rupture totale. Les expériences douloureuses et les séparations font aussi partie du thème de l’amitié.

Es-tu une bonne amie? Que fais-tu pour cela?

Oui, je peux le dire. Je suis à l’écoute, j’ai du temps, je suis présente. Écouter, réfléchir à haute voix et être une sparring-partner qui est aussi critique – dans le sens d’une offre, de la constance, de la confiance et de l’entretien de la relation en donnant des signes, par exemple en écrivant des lettres. Et ce qui est très important pour moi, c’est de rire ensemble.

Parle-nous encore un peu de toi et de ton travail avec le café-récits!

Depuis quatre ans, j’organise des cafés-récits à Herisau, Heiden et Stein dans le canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures. Ceci dans le cadre de mon emploi chez Pro Senectute. Les cafés-récits offrent la possibilité de remplir une partie de ma mission de promotion de la santé des personnes âgées. Permettre l’échange et la communauté, contre la solitude. Il en résulte des rencontres, parfois des amitiés. On se reconnaît dans le village quand on se croise, on va aussi prendre un café ensemble. Ce qui me plaît particulièrement, c’est la profondeur, l’intensité que permet le café-récits. On se rapproche de quelqu’un en une ou deux heures seulement et on partage des choses très personnelles.

Quelle est l’histoire qui te vient spontanément à l’esprit sur le thème de l’amitié?

C’est une belle histoire: c’était lors d’un café-récits sur le thème «Une vie de chien». Une femme avait spontanément emmené sa voisine, car son chien devait justement être euthanasié ce matin-là. Il y avait aussi un homme pour qui les chiens étaient très importants. Ils se sont rencontrés et forment aujourd’hui un couple. Maintenant, ils viennent d’acheter ensemble un jeune chien.

À propos de Silvia Hablützel

Silvia Hablützel est une animatrice de café-récits expérimentée. Elle est infirmière ES/BScN et responsable du programme cantonal «Zwäg is Alter» chez Pro Senectute AR. Vous cherchez une animatrice ou un animateur pour votre café-récits? Vous trouverez des contacts ici.

L’association Réseau café-récits jette un regard sur une année 2023 riche en événements:

  • Environ 315 cafés-récits ont été inscrits dans l’agenda.
  • L’association a pu attirer 99 membres.
  • Une analyse des parties prenantes a été réalisée et une liste de fondations et d’organisations potentielles a été établie pour la poursuite du financement.
  • De janvier à mars 2023, plus de 10 vernissages publics du livre «Erzählcafés: Einblicke in Praxis und Theorie» ont eu lieu en Suisse, en Autriche et en Allemagne.
  • Une trentaine de participants se sont réunis pour échanger lors de l’atelier du 20 mars 2023 à Olten.
  • Du 17 au 19 novembre 2023, les journées des cafés-récits 2023 ont eu lieu dans toute la Suisse sur le thème de «écouter».

Apprenez-en plus sur notre première année en tant qu’association dans le rapport annuel 2023 (PDF).

Vous trouverez tous les rapports annuels ici.

Afin de créer des structures de café-récits dynamiques au niveau local, le Réseau Café-récits recherche des ambassadrices et ambassadeurs régionaux. Ensemble, nous irons à la rencontre des institutions locales: bibliothèques, associations de quartier, communes ou paroisses. Rhea nous indique les qualités à posséder pour endosser ce rôle et comment le travail est rémunéré.

 

Pourquoi le Réseau Café-récits recherche-t-il des ambassadrices et ambassadeurs régionaux?

Rhea Braunwalder: En tant que nouvelle association, nous voulons permettre à plus de gens de découvrir les cafés-récits. C’est pourquoi notre objectif est de les implanter dans toutes les régions du pays. Pour que l’ancrage soit durable et pérenne, nous avons besoin de personnes présentes sur place qui disposent d’un bon réseau et qui fassent «fonctionner la machine». Il ne suffit pas qu’un organisme central organise des cafés-récits uniques dans chaque coin du pays.

Qui peut vous contacter?

Je suis à la recherche de personnes sachant faire preuve d’esprit d’initiative et qui souhaitent mener à bien un projet de café-récits dans leur région ou ancrer le café-récits en tant que méthode. La personne doit posséder un large réseau, savoir aller vers les autres et être dotée d’un bon sens de la communication. Ensemble, nous nous adresserons aux actrices et acteurs pertinent-es de la région et nous donnerons aux ambassadrices et ambassadeurs les moyens d’organiser eux-mêmes des cafés-récits.

Faut-il avoir de l’expérience en matière d’animation?

Il n’est pas nécessaire d’avoir de l’expérience en tant qu’animatrice ou animateur de cafés-récits. L’important est d’avoir expérimenté la méthode lors d’un café-récits et d’être convaincu-e de ses mérites. Les ambassadrices et ambassadeurs régionaux se mettent en réseau avec les animatrices et animateurs de leur région et assument, en quelque sorte, une fonction d’interface entre l’association et les responsables de l’animation. Le secrétariat est en contact étroit avec ces personnes et leur apporte un soutien actif.

Concrètement, en quoi consiste le travail des ambassadrices et ambassadeurs régionaux?

Cela peut varier considérablement en fonction de la région et des possibilités de la personne. Elle…

  • est l’interlocutrice des personnes intéressées dans la région.
  • met en réseau les animatrices et animateurs novices et expérimenté-es qui résident dans le canton.
  • accompagne la mise en place d’un réseau cantonal de cafés-récits et est prête à contacter des institutions, des organisations, des participant-es et le public.
  • soutient des cours d’initiation régionaux et invite des partenaires locaux à y participer.
  • participe une fois par an à une réunion d’échange pour les ambassadrices et ambassadeurs régionaux.
  • lance un projet de café-récits avec d’autres personnes du quartier.
  • peut être mentionnée sur le site Internet en tant que personne de contact pour sa région.

 

Quels sont les avantages pour les personnes qui s’engagent en tant qu’ambassadrices ou ambassadeurs régionaux du réseau?

  • Elles suivent le cours «Weiterbildung 2024: Fit für die Begleitung von Moderierenden» à prix réduit.
  • Elles sont conseillées et soutenues par le réseau et sont en contact étroit avec un membre du secrétariat.
  • Elles sont indemnisées par un forfait plus les frais.
  • Elles participent gratuitement à l’atelier-discussion et à l’intervision.
  • Elles sont valorisées.

Si vous disposez d’un bon réseau dans une région et que vous pouvez soutenir le Réseau Café-récits, n’hésitez pas à contacter Rhea.

Dans le cadre de l’initiative #Amitié, le Réseau cafés-récits et Migros-Engagement proposent une série de cafés-récits sur le thème de l’amitié. On se raconte des histoires d’amis de bac à sable, de rencontres éphémères et d’occasions manquées. Vous êtes curieux de rencontrer de nouvelles personnes et de découvrir leurs perspectives? Visitez un café-récits dans la région:

  • Aucun événement

Vous trouverez de nombreux autres cafés-récits dans l’agenda. Les animateurs et les organisateurs trouveront ici le guide «Amitié».

Johanna Kohn, professeure à la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse, Haute école de travail social, a étudié l’empathie dans les cafés-récits en ligne avec une équipe de recherche. Elle souhaitait savoir si le déroulement en ligne pouvait également contribuer à la cohésion sociale. Cette étude d’accompagnement a dans une large mesure validé l’hypothèse théorique selon laquelle l’empathie est un facteur clé de la diversité et peut être suscitée par le biais de récits.

Les résultats de l’étude d’accompagnement montrent que l’empathie, tant verbale que non verbale, joue un rôle important dans les cafés-récits. Les participant-es à l’étude ont fait état d’une profonde compréhension, d’un respect et d’un besoin d’en savoir plus sur les autres. Au niveau individuel, la plupart des participant-es se sont senti-es compris-es, vu-es, respecté-es et ont ressenti le besoin d’en savoir plus sur les autres. L’écoute s’est avérée être une dimension fondamentale de l’expérience d’empathie. Au niveau du groupe, un sentiment de communauté et d’appartenance s’est développé au cours des cafés-récits.

De nouveaux contacts peuvent se créer

L’étude souligne également l’importance de l’animation, des conditions-cadres et d’un espace protégé pour le déroulement en ligne. Une structure claire, la conduite attentionnée de la discussion et le respect des règles créent un «espace protégé» dans lequel les personnes se livrent volontiers. L’animatrice ou l’animateur joue un rôle crucial, car elle ou il crée une atmosphère de respect et de bienveillance et fait le lien entre les récits des participant-es.

Parfois, les participant-es ont cherché à entrer en contact les uns avec les autres après le café-récits. Le fait de vouloir faire quelque chose l’un-e pour l’autre et l’un-e avec l’autre est une autre dimension du comportement empathique. L’équipe de recherche n’a pas pu mesurer le temps que l’empathie vérifiable durait au-delà des cafés-récits.

Elle suggère que de petits projets ultérieurs et des rencontres suivant les cafés-récits pourraient être un indicateur de durabilité. Une comparaison avec les cafés-récits présentiels et l’étude des différences entre les deux formats seraient des pistes intéressantes pour de futurs projets de recherche.

Principales conclusions pour les cafés-récits en ligne

L’équipe de recherche, qui a de l’expérience avec les cafés-récits présentiels et en ligne, a remarqué que

  • lors d’un café-récit en ligne, les participant-es n’ont pas mis à profit la partie café pour des échanges informels et pour poursuivre la discussion, mais se sont plutôt éloigné-es de l’écran pour se dégourdir les jambes, aller aux toilettes ou chercher à manger et à boire. En revanche, dans les cafés-récits présentiels, la partie café occupe une place importante sur le plan personnel et méthodologique. À l’opposé, la possibilité d’échanger sur des thèmes précis lors des séances de réflexion dirigées juste après la pause a été largement utilisée.
  • dans certains cas, les histoires des cafés-récits en ligne étaient plus personnelles, plus intimes et plus marquantes que celles observées lors des cafés-récits présentiels. Il serait intéressant de vérifier l’hypothèse selon laquelle la participation depuis son propre espace personnel sécurisé et la possibilité de se retirer à tout moment de la rencontre en ligne créent simultanément plus de sécurité et de confiance.

Vous pouvez lire l’intégralité de l’étude d’accompagnement ici.

Comment l’étude définit-elle l’«empathie»?

L’empathie désigne la capacité à reconnaître les pensées et les sentiments d’autrui et à y réagir, notamment en ce qui concerne leur souffrance. Il existe deux formes principales d’empathie: l’empathie affective, qui déclenche une réaction émotionnelle en nous, et l’empathie cognitive, qui permet de saisir la perspective et l’état émotionnel d’autrui sans mélanger ces sentiments avec les nôtres. La combinaison des deux formes conduit à la compassion, au sens d’une réaction à la souffrance d’autrui. L’empathie est une interface entre la rationalité et l’émotion qui permet de comprendre la perspective d’autrui sur le plan intellectuel, mais aussi émotionnel.

À propos de l’étude

L’étude d’accompagnement a été financée par la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse, Haute école de travail social, et par le Pour-cent culturel Migros. Johanna Kohn a mené l’étude avec Noemi Balsiger, Daniele Bigoni et Simone Girard-Gröber entre juin 2021 et novembre 2022 en Suisse. L’étude se penche sur la question de savoir si et comment l’empathie se manifeste dans les cafés-récits en ligne et comment elle peut être encouragée. Neuf personnes y ont participé. Elles ont été observées lors de trois cafés-récits.

Le 17 octobre 2023, l’atelier-discussion du Réseau Café-récits pour la Suisse italienne s’est tenu à Lugano à la Haute école fédérale en formation professionnelle (SUFFP). Pour cet évènement, nous avons choisi un sujet aussi important que complexe: le respect de la vie privée lors du partage de récits autobiographiques. Marilù Zanella (Auto aiuto Ticino), Noè Albergati (SUFFP), Ludmila Crippa (animatrice du Réseau Café-récits) et Michelle Colombo (auteure d’une thèse sur l’aide formelle et informelle) ont participé à l’évènement.

Par Valentina Pallucca Forte

Le thème choisi nous a permis de comparer différentes méthodes de partage qui sont parfois source de confusion: en particulier, le groupe d’entraide et la bibliothèque humaine (Human library).

En supposant qu’une personne participant à un café-récits est disposée à partager une petite (ou une grande) partie de son expérience, il arrive qu’elle commence à en dire trop sur elle-même. Prise dans l’instant, dans l’environnement informel et chaleureux, elle se laisse aller et révèle aux autres plus que ce qu’elle voulait ou avait prévu.

La situation est peut-être encore plus délicate dans un groupe d’entraide, car on y aborde souvent des sujets sensibles. Si, par exemple, je participe à un groupe d’entraide sur l’anorexie parce que ma fille souffre de troubles alimentaires, les autres participant-es sauront que ce problème existe dans ma famille. Qui protège la vie privée de ma fille? Que puis-je dire à son sujet dans le groupe? Quelle est la limite dans ces cas? Au cours de la discussion, il est apparu que dans des petites villes comme Lugano, la question devient encore plus délicate, car on peut rencontrer quelqu’un que l’on connaît dans l’un de ces groupes.

La bibliothèque humaine

Un témoignage intéressant est venu d’une participante qui souhaitait également expérimenter une autre méthode de partage: la bibliothèque humaine. Lors d’une rencontre de bibliothèque humaine, les personnes se transforment en livres prêts à être feuilletés. Elles se mettent à la disposition des autres personnes pour une durée déterminée, sont prêtes à être lues, c’est-à-dire à recevoir des questions sur leur histoire personnelle. Voici son témoignage.

«J’ai immédiatement accepté avec enthousiasme la proposition de me prêter comme livre humain pour la bibliothèque humaine, mais lorsque j’ai annoncé la nouvelle à ma famille, elle s’est montrée très réticente. L’histoire de ma vie est étroitement liée à celle des membres de ma famille et ils n’étaient pas aussi enthousiastes que moi à l’idée de la partager en public. Finalement, j’ai préféré me retirer pour préserver leur vie privée.»

Grâce à ce récit, nous comprenons comment l’histoire de notre vie est inévitablement liée à celle des membres de notre famille, de nos ami-es et de nos proches. S’il est possible de mettre en place un certain nombre de petites stratégies pour préserver notre vie privée ou celle de nos proches, d’établir une limite au-delà de laquelle nous décidons de ne pas nous engager, il est toujours utile d’inviter les participant-es à garder la confidentialité et à respecter ce qui est partagé.

En matière de respect de la vie privée, on relève l’importance du rôle de l’animatrice ou de l’animateur pour la protection de la personne qui parle de son vécu, du fait qu’elle ou il identifie et traite avec sensibilité les situations susceptibles de mettre en péril la confidentialité. L’animation d’un café-récits est un art qui s’apprend sur le tas. À cet égard, nous tenons à souligner que le Réseau Café-récits propose régulièrement des cours d’initiation à l’animation de cafés-récits, ainsi que des moments d’échanges et de discussions approfondies.

Vous trouverez les prochains évènements planifiés dans notre agenda.

Vous trouverez plus d’informations sur la bibliothèque humaine dans cette vidéo:

Du 17 au 19 novembre 2023, toute la Suisse se réunira pour raconter des histoires! Des personnes de tous âges se racontent mutuellement leurs vécus et leurs expériences. Vous avez envie de découvrir de nouvelles histoires de vie? Trouvez un café-récits dans votre région et participez-y.

Le week-end du 17 au 19 novembre 2023, une cinquantaine de cafés-récits sur le thème de l’écoute auront lieu dans toute la Suisse. Les animateurs et animatrices se réjouissent d’accueillir de nombreuses personnes intéressées, toutes générations confondues, pour vivre une expérience particulière. Ceux qui souhaitent encore proposer un café-récit à court terme trouveront des informations ici et peuvent volontiers s’annoncer auprès de Anne-Marie Nicole.